Accueil > Formation > Ateliers audiovisuels pour des jeunes > Atelier "Des jeux optiques aux images numériques" pour le Forum des (...)

Atelier "Des jeux optiques aux images numériques" pour le Forum des images

mercredi 4 avril 2007, par Benoît Labourdette.

Le 3 avril 2007, Benoît Labourdette a animé un atelier, dans le cadre des ateliers proposés par le Service d’Action Educative du Forum des images, pour une classe de seconde, "Des jeux optiques aux images numériques".

Le principe de cet atelier, conçu en partenariat avec l’équipe pédagogique du Forum des images, est d’inviter les élèves à prendre conscience des principes fondamentaux de l’image animée, à travers une pratique, qui découle sur des présentations historiques et techniques. On ne fait pas de la pratique toute seule, ni de l’érudition toute seule, on associe les deux. Pratique et notions techniques et historiques prennent sens l’un par rapport à l’autre.

Un autre "challenge" aussi : réussir à faire un atelier participatif pour une classe entière.

Sur la scène du Centre Wallonie Bruxelles (le Forum des images est "hors les murs" pendant ses travaux), d’un côté un ordinateur, relié à un vidéoprojecteur qui projette sur le grand écran en fond de scène, et de l’autre côté, une petite maquette de maisons, avec un projecteur de lumière dirigé dessus. Et un appareil photo numérique.

L’atelier, d’une durée de 2 heures, s’est déroulé selon ces étapes, avec, à tout moment, la possibilité pour les élèves de poser des questions (qui furent nombreuses). Souvent, d’ailleurs, le principe, après une manipulation, ou sur un sujet, est de poser la question aux élèves, au lieu d’apporter la réponse tout de suite. Ainsi on fait venir la réponse non pas "toute faite", mais sur le "terrain" de la discussion avec les élèves :

- Prise de vue simple : quelques élèves viennent sur scène prendre des photos de la petite maquette. On les invite à faire des mouvements autour. Le reste de la classe, assis, participe, à sa façon, en commentant, avec l’animateur, la façon dont les photos sont prises : nombre, angles, etc. On reprend ces photos dans l’ordinateur, et l’une d’elle est complètement surexposée :

- Le terme "surexposé", évoqué par des élèves, permet de faire la transition vers l’explication de ce qu’est la photographie : d’abord la chambre noire, l’explication de son fonctionnement, puis les principes photochimiques de base, puis la première photo (1826) faite par Nicéphore Niepce. Puis l’évolution du temps de pose, etc.

- Ensuite, explication du principe de l’illusion du mouvement au cinéma : persistance rétinienne, cadence d’enchaînement. Avec l’exemple d’un film 35mm, on voit réellement les images. Le cinéma, ce ne sont que des photos les unes derrière les autres, le mouvement n’est qu’illusion.

- Prise de vue plus élaborée : D’autres élèves viennent prendre de nouvelles photos, plus élaborées. On améliore la technique, la conscience des enjeux liés à l’animation future de ces images.

- On regarde ces photos en grand, et on les anime, à l’aide du logiciel de montage Sony Vegas. On travaille le rythme, on voit, immédiatement à l’oeuvre, ce que donne le changement de cadence, à partir de quel moment le mouvement est fluide.

- Pour expliquer le phénomène d’illusion du mouvement, on regarde en détails comment on été faits les effets spéciaux "bullet time" du film Matrix, si souvent repris dans beaucoup de films. On voit le lien direct, dans la simplicité du dispositif, avec les outils d’Etienne Jules Marey, avant même l’invention du cinéma.

- Puis on aborde l’historique des supports de l’image animée : le film, puis la bande magnétique (donc, explication des principes de base de la télé-vision, balayage de l’image pour pouvoir la transmettre à distance), puis le numérique.

- Les détails du numérique : qu’est-ce qu’une image numérique. On utilise le logiciel de retouche photo Gimp pour montrer les pixels.

- Qu’est-ce que la numérisation ? Les 0 et les 1. Qu’y a-t-il sur un DVD ? Physiquement, concrètement.

- Le numérique permet une manipulation beaucoup plus aisée de l’image : on fait une incrustation de la photo d’un des élèves, à l’échelle dans le petit décor qu’ils avaient photographié.

Voilà, l’atelier a donc consisté à balayer, à travers des exercices pratiques, les notions de base de l’illusion du mouvement et l’historique des techniques du cinéma, d’ouvrir la porte, si on peut dire d’une part à la compréhension des phénomènes d’illusion et d’autre part aux liens directs entre le cinéma d’aujourd’hui et toute son histoire.

Les exercices faits par les élèves :

Loading the player ...


Documents joints