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"Soupçons", tournage d’un film en classe de seconde

dimanche 19 mars 2006, par Benoît Labourdette.

Option cinéma au lycée Jean Monnet de Franconville

Le lycée Jean Monnet de Franconville (95) a une option cinéma "légère". C’est à dire que la matière cinéma n’est pas une matière principale, mais optionnelle.

Seconde, première, terminale

Dès la seconde, les élèves pratiquent l’audiovisuel.

Tournage en mars 2006

L’option cinéma de seconde est divisée en deux groupes, qui chacun réalise un film. Les tournages ont lieu cette année au mois de mars, afin qu’il reste largement le temps de faire le montage et la projection.

L’intervenant professionnel

Dans le principe du programme de l’éducation nationale pour l’option cinéma, un intervenant extérieur professionnel vient apporter son soutien, son "cadre", aux projets.

Benoît Labourdette est l’intervenant professionnel pour l’option cinéma du lycée Jean Monnet de Franconville.

La méthode de travail

Il est indispensable que les élèves puissent arriver au bout de leur film, qu’il y ait un résultat final, et que leurs ambitions ne soient pas déçues.

C’est pourquoi les tournages doivent être préparés, afin que les élèves puissent réussir, dans le temps imparti, à tourner l’ensemble de leur film.

L’enjeu du scénario

Il y a donc une première séance concernant l’écriture de scénario, pour que les élèves partent dans des projets concrets (il n’est pas réaliste d’écrire un scénario avec hélicoptères et yachts !, mais les élèves n’en ont pas toujours conscience). De façon plus pragmatique, il s’agit notamment de réduire au minimum le nombre de lieux de tournages, un seul lieu étant l’idéal, afin que les élèves puissent se concentrer sur le travail cinématographique : mise en scène, lumière, jeu d’acteur, cadrage, son. C’est déjà énorme.

N’oublions jamais que l’objectif est pédagogique. L’enjeu n’est pas de faire le "meilleur" film, mais de faire participer les élèves à un projet de film à travers lequel il vont être enrichis le plus possible dans leur conscience des enjeux de l’image.

La préparation du tournage : démystifier !

La deuxième séance est consacrée à la préparation du tournage : je leur introduit au concret de ce que c’est que faire un film, et à une distinction des postes principaux "indispensables" pour réaliser une fiction :

- réalisation.

- assistanat à la réalisation.

- lumière.

- cadrage.

- son.

- scripte.

- et bien-sûr acteurs.

Très vite, ils prennent conscience des enjeux de chaque poste, et du fait que le poste de réalisation, ou de cadreur, ne sont pas plus importants que les autres. Il s’agit de démystifier l’objet caméra, pour leur faire sentir qu’un film, c’est beaucoup plus large qu’une simple caméra, c’est un projet d’ensemble, qui doit être organisé pour pouvoir exister. Il y a donc notamment une grande importance de l’assistant-réalisateur.

Le tournage

La troisième séance est le tournage lui-même (1 journée). Il s’agit pour moi tout d’abord de les aider à construire un plan de travail réaliste pour la journée, quitte à simplifier leur découpage technique, afin qu’ils puissent tout faire. Puis, de les laisser mettre en place de façon autonome leur tournage, en les aguillant au fil du travail.

L’exemple d’une scène

Deux personnages devaient entrer dans la maison, sont suivis en panoramique par la caméra, commencent à monter l’escalier, quand, de derrière le canapé, tous leurs amis se lèvent pour leur faire la surprise, "Bon anniversaire !".

J’invite les élèves à faire des répétitions et ne tourner la première prise que lorsque tout sera prêt.

Ils tournent la première prise : la caméra a eu des accoups, les acteurs n’étaient pas très bien placés et se sont cachés les uns les autres, les amis se sont levés un peu tard, ce qui fait que le couple à dû les attendre, ce qui s’est senti.

Je demande à la réalisatrice et au cadreur, après la prise, si ça va pour eux : oui, ils sont très contents.

Ils n’avaient simplement pas conscience de tous ces détails, que j’avais perçus. Je leur ai donc simplement expliqué ce que j’avais vu. Leur regard, du fait de ces précisions de ma part, s’est tout de suite aiguisé. C’est simplement des choses qu’ils ne voyaient pas, ce qui est bien normal, on ne voit pas ce que l’on ne connaît pas.

Forts de cette nouvelle conscience, ils ont retravaillé leur scène, refait des répétitions, et sont arrivés, eux-mêmes, de façon tout à fait autonome, à un résultat précis, à la hauteur de leur ambition.

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