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L’éducation à l’image en péril

samedi 1er avril 2006, par Benoît Labourdette.

"L’éducation à l’image en péril" : c’est le titre qui a été donné à une rencontre, lundi 13 mars 2006, dans le cadre du Festival de Films de Femmes de Créteil.

- Je n’ai pu être présent à ce moment d’échange. J’y participe donc, à distance, car l’enjeu me semble très important.

- La problématique première est : la réduction progressive, depuis 2002, des budgets pour des initiatives d’éducation à l’image.

- L’objectif serait donc : sensibiliser plus largement aux enjeux de l’éducation à l’image.

Les enjeux de l’éducation à l’image

Pourquoi l’éducation à l’image nous semble très importante ?

Je donne mon point de vue, qui appelle, bien-sûr, des réponses, des compléments, des débats.

Nous sommes de plus en plus entourés d’images, confrontés, dans notre relation au monde qui nous entoure, à de la médiation par les images. Et ce que ce soit au niveau de la transmission culturelle, de l’apprentissage, de la communication interpersonnelle...

Nous nous divertissons en regardant la télévision, des DVD, ou en allant au cinéma ou sur internet, nous apprenons en regardant des films, nous nous parlons en nous voyant, nous recevons des offres commerciales par des images animées, nous recevons des slogans politiques par des images animées, etc.

Tout un chacun a, plus ou moins, la conscience que ces images que nous voyons ne sont pas la réalité, et peut-être essaient, à notre insu, de nous "manipuler" (terme qui peut paraître simpliste de prime abord, mais qui au fond me semble très juste).

La démocratie est fondée sur la liberté, c’est la valeur fondatrice de notre vie en société. La démocratie suppose donc d’être en possession des outils de sa propre liberté. D’où l’enjeu de la liberté d’expression. Mais par rapport aux images, sommes-nous sufisamment outillés pour avoir une conscience réelle de la rhétorique spécifiquement audiovisuelle qui peut servir à la manipulation ou à la suggestion ? Sommes nous suffisamment capables de discernement face aux images, dont le langage sous-jacent évolue sans cesse ?

La réponse, à mon sens, est non.

Je pense sincèrement qu’il y a là un enjeu important pour notre démocratie. Si on peut, à l’école, ne serait-ce qu’ouvrir la porte vers la conscience que les images ne sont pas mimétiques du réel, que les images sont fabriquées, et ouvrir cette porte non pas en tenant un discours dogmatique (comme celui-ci), mais en donnant des outils simples et ludiques d’analyse, on remplirait simplement une mission de service public indispensable.

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