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Stage authoring DVD avec DVD Studio Pro

mercredi 26 avril 2006, par Benoît Labourdette.

L’authoring DVD

Ce qu’on appelle "authoring DVD" est l’opération qui consiste à concevoir le contenu et l’ergonomie d’un DVD video (menus, films, bonus, interactivité, etc.).

Le stage

Quidam production anime un stage d’authoring DVD pour AXA. Cet article propose un résumé du déroulement de cette formation.

Le Centre de Formation d’AXA

Le Centre de Formation d’AXA, au Château de Frémigny dans l’Essone, a un service interne de production vidéo, image et multimédia.

Les formateurs et les stagiaires utilisent l’audiovisuel et l’interactivié dans le contenu des formations et stages.

La petite équipe de production audiovisuelle et informatique travaille sur la qualité des contenus et des interfaces.

L’équipement

Entre autres équipements, le service est équipé d’une station de montage virtuel Macintosh Final Cut avec DVD Studio Pro.

La formation DVD Studio Pro

Le service de production a besoin de concevoir et fabriquer des DVD video, qui serviront de supports de cours.

La formation, au mois d’avril 2006, est prévue pour 4 jours : trois jours qui se suivent, puis les personnes travaillent tout seuls, et un quatrième jour deux semaines plus tard, afin de valider les acquis et méthodes de travail.

La formation est animée par Benoît Labourdette, sur site, avec trois stagiaires, l’ensemble de l’équipe du service. Notre principe est de faire les formations professionnelles sur site. L’objectif est de construire avec les personnes les méthodes de travail professionnelles et productives par rapport à leurs besoins, situation et matériel réels. En effet, parfois, ce qui va bloquer va être une petite option, ou une petite connexion, sur place. Chaque chaîne de production est particulière, et chaque personne a des besoins, une logique de travail qui lui est propre. Notre principe est d’être à l’écoute de ces besoins, et de proposer l’expertise de construire des méthodologies efficaces par rapport à ces besoins.

Par ailleurs, pendant la formation, un document personnalisé est réalisé. Il reprend les procédures exacte de travail, et sera l’aide mémoire pour le travail futur. Il est absolument normal, à l’issue d’une formation professionnelle, d’oublier les détails et les petites options. Ce qui compte, c’est de comprendre, d’intégrer, des méthodes de travail efficaces et productives. Le document sera la référence, contenant tous les détails techniques des procédures principales. Grâce à ce document, chaque projet futur pourra aller au bout, aboutir avec certitude.

Premier jour

Matin

- Les objectifs des participants. Connaître, écouter les besoins des participants par rapport au DVD. Ne pas partir dans l’idée d’une formation standard, mais d’une réponse adaptée à une problématique précise. On se rend compte que chaque personne, chaque organisation, est confrontée à une problématique précise et différente. La formation consistera à proposer des solutions par rapport à cette problématique. Ici, il s’agit d’une part de faire des DVD support de formations, qui permettent par exemple de lire un film entier ou de le lire par petits morceaux, ainsi que des DVD souvenirs.

- La norme DVD. Après que les objectifs soient donnés, nous passons à l’explicitation de ce qu’est la norme DVD video. Le DVD video est un objet tout à fait particulier, avec lequel on ne peut pas tout faire (beaucoup moins qu’avec un système comme Flash par exemple), mais avec lequel on peut tout de même faire beaucoup de choses, notamment en termes d’ergonomie et d’interactivité. Les caractéristiques techniques sont extrêmement précises, ce qui permet au DVD d’être une vraie norme : un DVD video bien réalisé sera lisible sur n’importe quel lecteur de salon ou ordinateur dans le monde. Ce qui n’est pas le cas d’un CDRom par exemple. Il est indispensable de connaître les caractéristiques du matériau avec lequel on va travailler, afin de comprendre ce qu’on va faire. Donc, explication, à partir d’un DVD du commerce pris au hasard, de ses caractéristiques générales. Explication de ce qu’est l’encodage MPEG2, des pistes son multiples, etc.

- L’organisation du travail et des éléments. Le travail et les éléments (vidéos, menus, DVD terminés, etc.) sont organisés au sein d’un système efficace et clair de dossiers et sous-dossiers, qui permet de s’y retrouver facilement, et aussi de faire de façon très aisée et simple des sauvegardes de son travail (indispensable).

Après-midi

- L’encodage. La première étape, la moitié d’un DVD, c’est l’encodage de la vidéo, c’est à dire sa compression en MPEG2. 1h de vidéo en qualité DV prend 12Go de place. Sur un DVD-R, il y a 4,5Go de place. Pour pouvoir y faire rentrer 2 heures de vidéo par exemple, il va falloir "compresser". Elucidation et méthodes de travail simples, concrètes et qualitatives pour encoder ses vidéos, c’est à dire les préparer à être intégrées dans un DVD. Enjeux du bit-budgeting : choisir les qualités relatives des différents films se trouvant sur le DVD, afin que tout tienne, en définissant des priorités qualitatives en fonction des films.

- La conception de l’arborescence. Un DVD doit être organisé, ne serait-ce que parce que sa capacité est limitée, donc il faut calculer au plus juste les encodages pour pouvoir tout faire rentrer. Par ailleurs, l’ergonomie doit être pensée, testée, en amont de la réalisation du DVD. Pourquoi ? Car d’une part l’opération de réalisation d’un DVD est complexe et technique, et un changement de dernière minute peut être très long à mettre en oeuvre. Et d’autre part, si on réfléchit en amont même du projet dans son ensemble (avant la réalisation des films), on va peut-être même adapter la réalisation et le montage des films par rapport à leur usage futur sur DVD. Pour concevoir l’arborescence, nous utilisons un logiciel de Mindmapping, comme Mind Manager ou Freemind (freeware qui fonctionne sur PC et Mac).

- Réalisation d’un DVD de A à Z. Après avoir conçu l’arborescence d’un DVD relativement simple mais contenant une navigation (first play, menu principal et sous menus, plusieurs films), nous passons à sa mise en oeuvre concrète avec le logiciel DVD Studio Pro. Avec ce logiciel, nous mettons en place la structure, avec les éléments, films et menus, vides, mais organisés, et liés entre eux. Ensuite, l’intégration des films eux-mêmes est très rapide. Afin que la vision d’ensemble soit complète, nous allons jusqu’au bout de la réalisation d’un DVD, en prenant en compte une bonne organisation des informations dans le disque dur, puis en réalisant la structure du DVD, qui est le vrai DVD pas encore gravé, qu’on peut donc tester en situation réelle dans l’ordinateur, ainsi que "l’image" du DVD, qui va servir à être gravée, et qui peut être conservée pour gravure future.

Deuxième jour

Matin

- Encodage MPEG1 pour intégration de vidéos dans présentations powerpoint. Il y a un enjeu important, connexe à la réalisation de DVD, qui est l’intégration de vidéo dans des présentations powerpoint. Dans les centres de formation, et celui d’Axa aussi, beaucoup de formations ont pour support des présentations powerpoint. Il faut pouvoir intégrer de la vidéo dedans. Le MPEG1 est le format de vidéo le plus universel qui soit. Il est très adapté à l’intégration "multimédia", car il est compatible sans difficulté avec toutes les plateformes. Il faut le créer, l’encoder dans les bonnes normes, afin justement qu’il soit parfaitement compatible.

- Considérer le DVD dans l’ensemble de son contexte. Le DVD ne peut pas, surtout dans le cadre du contexte d’un centre de formation, considéré isolément. C’est un outil au service des utilisateurs, qu’un service audiovisuel doit pouvoir réaliser. Mais le service audiovisuel doit avant tout être capable de conseiller ses "clients", afin de préparer les outils les plus adaptés : ce peut être un DVD, mais aussi des fichiers MPEG1 à intégrer à des présentations powerpoint, ou des fichiers Flash pour intégrer dans un site web intranet, ou internet.

Après-midi

- Réalisation d’un DVD avec listes de lectures multiples. Les variables, GPRM, etc. C’est le vif du sujet. Les secrets de l’utilisation de la norme DVD et de DVD Studio Pro pour pouvoir maîtriser la navigation, qui en interne peut être relativement complexe, mais qui doit, pour l’utilisateur, être absolument limpide, évidente, ergonomique. Moment très intense, compréhension de la structure, travail sur le "squelette" du DVD, exclusivement.

- L’ergonomie. L’ergonomie d’un DVD est l’élément essentiel, primordial. Toujours se mettre à la place de la personne qui est avec sa télécommande ou avec sa souris, et imaginer ce qu’il va faire, ce qu’il a envie de faire. Ne jamais oublier qu’un DVD peut être consulté autant à la souris qu’à la télécommande. Faire des tests complets de navigation dans les deux environnements.

Troisième jour

Matin

- Habillage graphique du DVD. Tous les outils, raccourcis et méthodes de travail pour concevoir l’habillage graphique du DVD, sur la structure définie hier. Techniques d’automatisation, modèles, gains de temps et de productivité.

Après-midi

- Réalisation d’un document de synthèse exhaustif, qui donne toute la procédure de travail, dans ses détails. Un document personnalisé, reprenant étape par étape les opérations qui sont celles, spécifiques, de la personne, dans sa situation de travail concrète. Ainsi, même an un après la formation, s’il faut faire un DVD, alors que tout aura été oublié, il n’y a qu’à reprendre le document pas à pas pour être immédiatement productif. C’est un guide concret, simple, intelligible.

Quatrième jour

- Trois semaines ont passé. On reprend et on complète le document qui restera le guide méthodologique des participants pour leurs travaux futurs.

- Entre temps, ils ont fait une tentative de mise en pratique, mais Final Cut a planté au début de l’encodage. Donc, blocage dès le départ. on trouve donc les raisons de ce plantage, on fait le tour des autres difficultés possibles, et on construit les solutions pour régler ou contourner les limites techniques des appareils et des logiciels.

- On se rend compte déjà qu’en peu de temps, ce qui est resté en mémoire, ce sont les principes, les méthodes, mais pas les détails techniques. D’où la nécessité de réaliser un document de référence.

- On refait la méthode pas à pas, et au fil du travail, de nouvelles questions se posent naturellement, en fait assez essentielles en termes de travail quotidien. Les participants trouvent eux-mêmes des solutions fonctionnelles et simples à leurs problématiques.

- Les participants réalisent eux-mêmes un DVD de A à Z en suivant la méthode. Encore quelques questions, mais globalement tout est au point : ils sont autonomes.

Bilan du stage

La durée de 4 jours a permis d’approfondir les choses, de comprendre pourquoi on fait telle ou telle opération, ce qui est indispensable à une bonne mémorisation. Le délai entre les trois premiers jours et le quatrième a été très productif.

Les stagiaires sont productifs pour créer des DVD simples, respectueux des normes, c’est à dire ergonomiques et compatibles avec tous les lecteurs. Les stagiaires ont tous les outils conceptuels et techniques en main pour se lancer, si le besoin s’en fait sentir, dans des projets de DVD plus ambitieux.