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Portraits des membres du jury du Festival du court-métrage de Saint-Maur 2005

jeudi 27 avril 2006, par Benoît Labourdette.

Le Festival du court-métrage de Saint-Maur "Sur les pas de Mon Oncle"

Ce festival de court-métrage, dont ce fut la troisième édition en octobre 2005, a la qualité de présenter des films de très jeunes réalisateurs, amateurs, avec un vrai choix de qualité et d’ouverture.

Le Festival est organisé sur trois jours : soirée d’ouverture le vendredi soir, projections et débats le week-end, et remise des prix le dimanche soir.

Le jury est convié à voir toutes les séances pendant le week-end.

Les portraits des membres du jury

Lors de la soirée d’ouverture du Festival, les membres du jury sont invités à monter sur scène, afin de se présenter au public.

Une idée des organisateurs était, afin que ce moment soit moins institutionnel mais plus sincère, plus riche, que chacun des membres du jury soit présenté au moyen d’un petit film.

Un appel d’offre a été lancé, qui a été remporté par Quidam production.

L’objectif du projet

Le jury était composé de 11 personnes. Chacune était introduite par un petit film. Il a fallu imaginer un "formatage", afin que ces petits films ne deviennent pas laborieux pour le spectateur. Nous avons donc fixé la durée de chaque film à 1 minute.

L’enjeu n’était pas de faire des films "institutionnels", mais de faire des films sincères, qui emmènent le spectateur face à un être humain, réel. Que les spectateurs ne soient plus interdits devant un parterre de "personnalités", mais soient en empathie avec des personnes. Changer la relation, l’aider à devenir plus sincère, donc plus riche.

Pour le contenu des portraits, il fut décidé que chacun serait réalisé dans un lieu au choix du membre du jury. Il y aurait donc, au final, une très grande diversité dans ces 11 films.

Le scénario des portraits

Pourquoi un scénario pour les portraits ? Il fallait qu’il y ait une diversité, bien-sûr, mais il fallait aussi qu’il y ait une vision cohérente, un travail sur le regard, un univers, des traits communs pourquoi pas, afin que l’ensemble "raconte une histoire", ne soit pas une simple sorte de reportage télévisé insipide, mais apporte vraiment quelque chose au spectateur et à l’événement.

Le travail d’écriture n’est pas individuel, et Quidam production emploie des méthodes très efficaces de critiques constructives pour la mise en oeuvre de scénarios adaptés à leur objectif.

Il fut donc décidé que les portraits auraient cette structure :

- On commence par une photo de la personne enfant, sur laquelle on entend la personne expliquer sa fonction sociale actuelle. Il y a de l’humour, dans le respect de la personne, car décalage entre la photo de l’enfant, au départ de sa vie, dans le contexte de l’enfance, et le discours, qui est à l’extrême opposé, le point d’arrivée d’un parcours.
- Ensuite, on voit la personne, dans le lieu qu’elle a choisi (domicile, bureau, autre endroit libre), qui nous dit ce que les adultes imaginaient, projetaient pour elle lorsqu’elle était enfant. Nous connaissons déjà l’issue du parcours, donc là encore il y a de l’humour à constater l’incongru parfois des désirs des adultes par rapport aux enfants.
- Puis, la personne nous parle de son désir au moment de l’enfance. Encore une fois, il est peut-être très loin de ce qu’elle a mis en oeuvre réellement dans sa vie. On sort de l’humour pour entrer dans un moment de réflexion : cela ramène à soi, à la relation entre les rêves, les désirs et les opportunités de la vie. Il y a une profondeur à ce moment là.
- La personne nous raconte ensuite son parcours. On approfondit dans l’intérêt de suivre l’histoire d’une vie. Les chemins et les détours de chacun sont passionnants et éclairants sur soi-même.
- Et enfin, la personne nous dit pourquoi elle a accepté de faire partie du jury de ce Festival, la raison de son investissement sur ce Festival, dans cette dynamique d’écoute des projets et des dynamiques des jeunes.

Cela donne un cadre très précis, une attente à notre niveau pour mener l’interview, et à l’intérieur de ce cadre, une très grande diversité est possible. Les spectateurs se retrouvent dans un univers repéré et en même temps très divers, car chaque personnalité est totalement unique et originale.

La préparation des tournages

Le budget étant assez limité, 11 demi-journées de tournage, avec déplacements, défraiements, réalisateur, opérateur et ingénieur du son revenaient trop cher. Et en termes d’organisation, cela aurait été difficile à tenir, avec les emplois du temps de chacun. Impossible à cumuler sur une seule semaine, car il fallait être souple vis à vis de l’emploi du temps de chaque membre du jury. Le tournage a donc été assuré par un réalisateur-opérateur-ingénieur son.

Après mise au point et tests de "l’unité de tournage", tout le matériel (caméra, pied de caméra, micro cravate, projecteur de lumière avec son pied, gants cuir, spun, gélatine, rallonge, multiprise, piles de rechanges, cassettes vierges, etc.) est rangé dans un sac unique, afin d’être facilement transportable. La mobilité d’un petit studio de prise de vue.

Je contacte chaque membre du jury, en lui expliquant la nature du projet, en fixant un rendez-vous, et en lui demandant d’apporter une photo de lui enfant. Sans mystère, il n’y a pas, à mon avis, de mystère à faire, mais plutôt une confiance à établir. Il pourra sortir quelque chose de riche de l’interview s’il y a eu un vrai échange entre les personnes. Quand on va interviewer quelqu’un, il s’agit de se donner mutuellement, pas d’essayer de prendre quelque chose à l’autre.

La réalisation des portraits

A chaque tournage, la difficulté, quand on est seul, est plutôt au moment de l’installation : on arrive, on fait connaissance avec la personne, on fait en sorte de s’apprivoiser mutuellement afin que la confiance soit là, et en même temps, il faut installer le matériel, préparer le cadrage. Il y a donc, au début, un petit moment de flottement. Et puis, l’interview commence. Mon principe de travail fut de ne pas regarder dans la caméra, mais de regarder l’interlocuteur. De temps en temps, un coup d’oeil dans la caméra, afin de changer un peu le cadrage. Principe de plan fixe, d’interview académique.

Mener l’interview

Pour mener l’interview, on sait où on veut aller, ce que l’on veut "obtenir", si on peut dire, par rapport au scénario. Mais pour arriver à ce "résultat", le chemin est celui de la confiance et de l’échange entre les deux personnes en présence. Il est donc essentiel pour cela d’être dans un véritable dialogue avec l’autre. Il ne s’agit pas de poser ses questions puis de se cacher derrière la caméra. On aura enregistré quelque chose, oui, mais il n’en émanera pas cette "poésie" si particulière à l’échange entre deux personnes, et le film n’aura pas la même âme.

Les membres du jury

- François Berléand, comédien.
- Michel Alexandre, scénariste.
- Stéphane Guérin-Thillier, réalisateur, comédien.
- Sarah Gurevic, réalisatrice.
- Sébastien Labadie, producteur.
- Philippe D’Aram, compositeur.
- Sophie Dulac, exploitante, distributrice.
- Henri Monti, directeur des audis de Joinville et Boulogne
- Marie Lucas de Bar, élue de la Ville de Saint-Maur
- Denis Constant, élu de la Ville de Saint-Maur
- René Dennilauler, élu de la Ville de Joinville