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Editorial de la 6è édition du Festival Pocket Films

lundi 12 juillet 2010, par Benoît Labourdette.

Voici l’éditorial de la sixième édition du Festival Pocket Films, cosigné par Laurence Herszberg, Directrice Générale du Forum des images et Benoît Labourdette, Directeur artistique du Festival Pocket Films.

Le Forum des images innovait, voici cinq ans, en lançant le festival Pocket Films avec SFR pour accompagner l’apparition d’une nouvelle technologie et d’un nouvel usage : la caméra dans la poche. On découvrait alors qu’une création vivante, spontanée, rafraîchissante, était possible avec les téléphones. Aujourd’hui, le téléphone-caméra s’est installé dans la poche de tous les adolescents et de beaucoup d’entre nous, et les enjeux sont beaucoup plus vastes. Ce n’est plus seulement la créativité qui questionne notre futur, c’est aussi l’expression et l’image de soi, ce sont de nouvelles responsabilités pour chacun de ceux qui rendent publiques des images de l’intime. Ce sont des enjeux psychologiques, sociaux, citoyens, et politiques bien sûr, que soulèvent ces images, qui n’ont jamais été produites en si grand nombre et diffusées de façon aussi large qu’aujourd’hui.

Et toujours, au cœur du sujet du festival Pocket Films, on retrouve des artistes qui se saisissent de cet outil pour aborder des sujets nouveaux, pour écrire le cinéma autrement. Venus de tous les horizons – de l’expérimental, de l’écriture, des arts plastiques ou du cinéma de fiction –, Alain Fleischer, Jean-Claude Taki, Rachid Djaïdani, Lionel Soukaz et bien d’autres font partager au public cette année leur expérience d’un cinéma dégagé des contraintes de la production, s’inscrivant dans un rapport immédiat à la création. La caméra sur téléphone ou pocket cam, fantasme enfin réalisé d’une caméra-stylo, d’une caméra-pinceau ? Par ailleurs, ces caméras-gadgets, proposées en simple bonus par les constructeurs de téléphones, ont acquis une légitimité plus décisive en enregistrant l’action politique en Birmanie, en Iran, en France… Elles sont alors devenues médias d’expression citoyenne, de revendications, de preuves, d’actions politiques.

Si chaque utilisateur de la caméra de téléphone est un opérateur Lumière en puissance, il peut aussi, avec des moyens tout aussi modestes, se transformer en Méliès l’enchanteur. Tel est l’objectif du parcours de Pocket Films à travers les genres cinématographiques. Les thèmes Comédie musicale, Horreur, Espionnage, déclinés en plateaux de tournages, en séances et installations, inciteront peut-être les spectateurs à sortir la caméra qui se trouve dans leur poche…

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