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Toshiba contre-attaque : l’avenir du DVD Haute Définition ?

mercredi 4 juin 2008, par Benoît Labourdette.

Toshiba, qui avait dû abandonner en février 2008 le format HD-DVD, car l’éditeur Warner avait décidé d’abandonner ce support au profit de son concurrent Blu-ray disc (Sony), fourbit ses armes pour proposer une nouvelle alternative.

La mort injuste du format HD-DVD

Quelle était la différence entre le blu-ray disc et le HD-DVD ? Tout d’abord, ils étaient tous deux des DVD au format haute définition. La différence, c’est que le HD-DVD était l’évolution naturelle du DVD standard, alors que le blu-ray disc était un nouveau format. L’autre différence, c’est que le HD-DVD pouvait être fabriqué pour des coûts relativement modestes, assez proches des coûts du DVD standard, alors que le blu-ray disc, que ce soit en nouveaux logiciels ou en procédures de pressage, revient au bas mot cinq fois plus cher, techniquement parlant, pour sa fabrication, qu’un DVD standard.

L’évolution accélérée des capacités des supports de stockage

Le HD-DVD pouvait contenir 30Go de données, alors que le blu-ray disc peut contenir 50Go (le DVD standard contient 9Go). Sur ce point, le blu-ray disc était supérieur au HD-DVD. Mais, et ce de façon sans doute plus rapide qu’on l’imagine, les capacité de stockage des supports optiques vont augmenter dans des proportions qui n’ont rien à voir : 1000Go, voire 5000Go.

La culture japonaise

Les investissements pour le développement du HD-DVD, qui ont couté des milliards de dollars, ne pouvaient pas être réduits à néant par la simple décision de Warner.

Toshiba est une entreprise japonaise, et avait un "Plan B", car il n’est pas possible de perdre la face.

Le Plan B

Le plan de Toshiba est simplement de proposer des lecteurs de DVD capables de lire à la fois les DVD standards et des DVD "standards-HD", c’st à dire des DVD conçus avec les mêmes outils et les mêmes procédures que les DVD standards, sauf que la vidéo est en Haute Définition. Cela paraît évident, tant c’est simple. Mais la norme du DVD standard ne permet pas de mettre de la vidéo au format HD, mais seulement au format standard (SD). Ainsi, l’astuce de Toshiba, au lieu de proposer un nouveau format, est simplement "d’ouvrir" le format DVD existant à la taille d’image HD, et de lui permettre d’être sur de nouveaux supports de plus grande capacité.

Petits éditeurs vs multinationales

Pourquoi ce projet, qui semble un peu tordu, n’est pas si bête, et est peut-être porteur d’avenir ? Le problème du blu-ray, c’est qu’il est exclusivement réservé aux grands studios hollywoodiens. Aucun petit éditeur ne peut, économiquement parlant, fabriquer des disques blu-ray de ses films : le prix de revient est tellement cher et le marché est tellement petit que cela n’a pas d’équilibre économique. Alors, on pourrait dire que lorsque le blu-ray se sera imposé le marché sera là. Mais le blu-ray ne pourra sans doute pas s’imposer autant que l’a fait en son temps le DVD standard. En effet, à l’époque du DVD standard, il n’y avait qu’un seul support de "home video", le VHS. Alors qu’aujourd’hui, entre les disques durs multimédia, le divx, les baladeurs multimédia, la VOD, etc, les films sont déjà sur des supports multiples. Le blu-ray ne peut pas remplacer tout cela à lui tout seul. Il n’est qu’un élément dans un ensemble.

Ainsi, un support peu cher à produire, selon les mêmes techniques que le DVD standard, dont les lecteurs aussi seraient beaucoup moins cher que les lecteurs blu-ray, pourrait être une possibilité pour tous les petits éditeurs, un accès concret à la HD pour l’édition matérialisée.