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Cours 2 - La vidéo et le web

samedi 9 octobre 2010, par Benoît Labourdette.

Pour commencer ce deuxième cours, je pose la question : "Comment Google gagne de l’argent ? Comment se fait-il que ce soit devenu, en 10 ans, une des plus grosses sociétés mondiales en termes de capitalisation ?". Comprendre le modèle économique de Google, et la façon dont il s’est déployé, c’est entrer dans la réalité de nouvelles logiques de construction de valeur.

Pour y répondre, je commence par poser les bases du numérique (les 0 et les 1), la façon dont ce code produit des textes, et la façon dont ces textes produisent les pages web, qui sont notre quotidien. J’explique donc ce que c’est que le code HTML, moteur d’affichage du web.

Je passe à l’explication du fait que le web est sémantique, et que Google lit le contenu des pages de tous les sites web, afin de les indexer. D’où des recherches extrêmement pertinentes, puisque basées sur le contenu même des pages. Ils ont réussi, grâce à la qualité de leur service, à produire un usage massif. Mais sans gagner d’argent. Puis, une fois que les gens ont été "accrochés" à l’usage, ils ont rajouté les publicités contextualisées, dont j’explique le fonctionnement.

Ensuite, je passe à l’explication des principes techniques de la vidéo sur internet : comment, techniquement et au niveau de l’usage, cela a pu se développer, et changer aussi radicalement les usages et l’économie de l’audiovisuel.

Puis je parle du nouveau métier de "community manager" (animateur de communautés), qui est si important aujourd’hui, même pour des lieux physiques. J’élabore une idée, pour le Forum des images, d’animation d’une communauté de rédacteurs de textes sur les films qui y passent ou qui vont y passer. Le grand intérêt, par rapport aux commentaires sur Allociné, pour les internautes, serait qu’il y aurait un encadrement, par un "animateur" compétent, qui permettrait des échanges beaucoup plus riches, et l’intérêt pour le Forum des images serait de fidéliser de façon profonde un public, et de valoriser son travail sur le web, de lui apporter (grâce au contenu textuel) un très fort référencemet, donc, in fine, contribuer de façon pertinente à la construction du public.

Facebook et Twitter, dans les mêmes modalités que Google, construisent d’abord un usage, qu’ils "monétisent" ensuite, lorsque les utilisateurs sont nombreux, "accrochés" et fidèles.

Et enfin je traite de différentes stratégies possibles autour de l’audiovisuel et des réseaux :

- L’exemple de M Dot Strange, jeune cinéaste américain, dont les acteurs de son long métrage d’animation sont des internautes qui ont envoyé leur photo. Son film est diffusé en intégralité sur youtube, mais son public d’addicts achète DVD et goodies, du fait qu’ils sont investis dans le projet en amont. C’est une façon de vendre sa création, pour en vivre.

- Un cinéaste peut aussi travailler à mettre en valeur son travail sur le web, afin de se faire connaître, et de le servir de façon indirecte.

- On peut avoir des projets de financement (comme les sites mymajorcompany ou toucoprods.com).

- On peut avoir un projet politique : par exemple, la personne qui avait filmé Brice Hortefeux tenir des propos racistes avec son téléphone. La stratégie politique n’a pas été dans le fait de filmer, c’était un hasard, mais dans le choix de diffuser ces images publiquement.

Bref, l’audiovisuel dans les réseaux est un outil puissant, qui peut servir de diverses manières et divers objectifs.

Nous passons ensuite à un premier brainstorming sur la conception des projets des étudiants. Deux projets sont cités :

- Un documentaire sur les artistes du métro. Le projet pourrait être de faire un teaser du film avant réalisation, pour en faire parler, inviter des gens à s’inscrire à la newsletter pour construire un public en amont par exemple.

- Un reportage sur un fabricant de guitares de haut niveau. Le projet pourrait être de proposer à cette marque de produire une série de qualité sur le monde de la musique, par exemple. Ainsi, il ne s’agit pas de faire une publicité, mais de nouer un partenariat sur le long terme basé sur la qualité du contenu. Ce qui pourrait permettre des productions d’oeuvres intéressantes d’ailleurs.

Pour la semaine suivante, je demande aux étudiants de venir avec d’autres idées ou témoignages d’expériences qui leur semblent intéressantes, afin de commencer à construire concrètement leurs projets.

(cours du 9 octobre 2010)